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chaud, il est vrai, mais un hiver réconfortant sans être rigoureux (7 à 8°) vient rétablir les constitutions affaiblies par les trop grandes chaleurs; de novembre à avril la saison est vraiment délicieuse. Les productions intertropicales s'y rencontrent à côté des fruits et des légumes d'Europe et sur la hauteur le blé et nos autres céréales remplacent le riz que produit la plaine.
C'est à coup sûr un pays privilégié et qui ne le cédera à aucun autre lorsque, par certains travaux, faciles après tout et peu coûteux, on aura assaini complètement les villes et les résidences des Européens. Lorsqu'on songe qu'en Cochinchine, à dix degrés plus au sud, on est parvenu à diminuer la mortalité au point qu'à Saïgon elle ne dépasse pas sensiblement un pour cent parmi les Européens, on comprend qu'au Tonkin on doit pouvoir faire mieux encore, puisque les conditions y sont plus favorables. Au Tonkin, comme en Cochinchine du reste, la fièvre jaune est complètement inconnue et les autres maladies sont puissamment conjurées par la construction de logements aérés, à l'abri de l'humidité du sol, par une nourriture saine, par l'épuration des eaux destinées à l'alimentation, par la propreté des logements et par celle de la voie publique.
Ces quelques indications sur la richesse du Tonkin, sur sa situation comme pays de transit, sur ses conditions climatériques devaient ici trouver leur place. Il reste à indiquer que les tribus indépendantes, qui séparent le Tonkin du Laos ou de la Chine, nous ont offert leur alliance, sont désireuses de notre protection.
Assurément, on le voit, notre intérêt est bien de nous assurer dans ce pays un rôle prépondérant. Les Tonkinois y gagneront; ils le désirent et nous y appellent et les nations civilisées, le commerce du monde entier, n'y perdront rien. Nous rendrons ainsi à l'humanité des richesses perdues pour elle, nous ouvrirons vers l'intérieur de la Chine une route courte et facile, nous rendrons à la liberté, à l'indépendance un peuple qui souffre sous l'oppression.
Notre intérêt marche ici d'accord avec notre devoir.
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N. 1889
IV
Notre situation politique au Tonkin
On ne saurait contester notre droit d'agir dans ce moment au Tonkin, nous en avons même le devoir.
La confiance qu'ont placée en nous les Tonkinois, l'empressement qu'ils ont mis à se rallier à nous, nous impose à leur égard le devoir général de les secourir et de les protéger. La suppression de la traite des noirs est considérée par les nations civilisées comme un devoir d'humanité, nous devons de même empêcher cette horrible traite de femmes et d'enfants que font, au préjudice des malheureux Tonkinois, les Annamites et les Chinois et que M. de Vilers signalait au ministre dans un rapport qui a été tu à la Chambre.
Mais à côté de ces devoirs d'un ordre général il en est de plus stricts, de mieux définis, de plus déterminés, qui découlent d'engagements internationaux.
Le but que nous nous proposions d'atteindre par les traités de 1874 était multiple; mais, après avoir scrupuleusement tenu tous les engagements que nous avions pris, nous avons été déçus dans nos espérances. La duplicité annamite a su éluder les dispositions qui entravaient un gouvernement tyrannique. La force d'inertie quelquefois, souvent aussi la violation audacieuse et formelle des engagements pris, sont venus rendre vains tous les calculs d'une diplomatie trop confiante. Une revue rapide des stipulations contenues dans les traités démontre ces vérités et établit notre intérêt à sortir de la situation actuelle.
Ce que nous avions promis nous l'avons exécuté. Nous avons livré à l'Annam cinq bâtiments à vapeur en parfait état, remplissant les conditions prévues au traité, nous lui avons livré cent canons, approvisionnés à deux cents coups par pièces, mille fusils à tabatières et cinq cent mille cartouches.
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chaud, il est vrai, mais un hiver réconfortant sans être rigou- reux (7 à 8o) vient rétablir les constitutions affaiblies par les trop grandes chaleurs; de novembre à avril la saison est vrai- ment délicieuse. Les productions intertropicales s'y ren- contrent à côté des fruits et des légumes d'Europe et sur la hauteur le blé et nos autres céréales remplacent le riz que produit la plaine.
C'est à coup sûr un pays privilégié et qui ne le cèdera à aucun autre lorsque, par certains travaux, faciles après tout el peu coûteux, on aura assaini complètement les villes et les résidences des Européens. Lorsqu'on songe qu'en Cochin- chine, à dix degrés plus au sud, on est parvenu à diminuer la mortalité au point qu'à Saïgon elle ne dépasse pas sensible. ment un pour cent parmi les Européens, on comprend qu'au Tonkin on doit pouvoir faire mieux encore, puisque les conditions y sont plus favorables. Au Tonkin, comme en Cochinchine du reste, la fièvre jaune est complètement incon- nue et les autres maladies sont puissamment conjurées par la construction de logementc aérés, à l'abri de l'humidité du sol, par une nourriture saine, par l'épuration des eaux des- tinées à l'alimentation, par la propreté des logements et par celle de la voie publique.
Ces quelques indications sur la richesse du Tonkin, sur sa situation comme pays de transit, sur ses conditions eli- matériques devaient ici trouver leur place. Il reste à indiquer que les tribus indépendantes, qui séparent le Tonkin du Laos on de la Chine, nous ont offert leur alliance, sont désireuses de notre protection.
Assurément, on le voit, notre intérêt est bien de nous assurer dans ce pays un rôle prépondérant. Les Tonkinois y gagueront; ils le désirent et nous y appellent et les nations civilisées, le commerce du monde entier, n'y perdront rien. Nous rendrons ainsi à l'humanité des richesses perdues pour elle, nous ouvrirons vers l'intérieur de la Chine une route courte et facile, nous rendrons à la liberté, à l'indépendance un peuple qui souffre sous l'oppression.
Notre intérêt marche ici d'accord avec notre devoir.
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N. 1889
IV
Notre situation politique au Tonkin
On ne saurait contester notre droit d'agir dans ce moment au Tonkin, nous en avons même le devoir.
La confiance qu'ont placée en nous les Tonkinois, l'em- pressement qu'ils ont mis à se rallier à nous, nous impose à leur égard le devoir général de les secourir et de les protéger. La suppression de la traite des noirs est considérée par les nations civilisées comine un devoir d'humanité, nous devons de même empêcher cette horrible traite de femmes et d'en- fants que font, au préjudice des malheureux Tonkinois, les Annamites et les Chinois et que M. de Vilers signalait au ministre dans un rapport qui a été tu à la Chambre.
Mais à côté de ces devoirs d'un ordre général il en est de plus stricts, de mieux définis, de plus déterminés, qui dé- coulent d'engagements internationaux.
Le but que nous nous proposions d'atteindre par les traités de 1874 était multiple; mais, après avoir scrupuleuse- ment tenu tous les engagements que nous avions pris, nous avons été déçus dans nos espérances. La duplicité annamite a su éluder les dispositions qui entravaient un gouverne- ment tyrannique. La force d'inertie quelquefois, souvent aussi la violation audacieuse et formelle des engagements pris, sont sont venus rendre vains tous les calculs d'une diplomatie trop confiante. Une revue rapide des stipulations contenues dans les traités démontre ces vérités et établit notre intérêt à sortir de la situation actuelle.
Ce que nous avions promis nous l'avons exécuté. Nous avons livré à l'Annam einq bâtiments à vapeur en parfait état, remplissant les conditions prévues au traité, nous lui avons livré cent canons, approvisionnés à denx cents coups par pièces, mille fusils à tabatières et cinq cent mille car-
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